Shilom Intimacy, Jan. 2010











































Orchha est une ville d’envion 8000 habitants situé dans le Madhya Pradesh, en plein centre de l’Inde. C’était entre le 16ème et le 18ème siècle la capitale d’un petit état princier, ce qui explique que la ville possède un patrimoine remarquable. Mais au delà de ses atraits touristiques, j’ai surtout apprécié l’ambiance rurale préservée et l’authentique gentillesse de ses habitants. C’est pourquoi j’y suis resté presque une semaine, même s’il n’y avait rien de spécial à faire à part flâner dans les rues, accepter les invitations à boire des “chaï”… et prendre des photos !

Un peu à l’écart du village, sur les bords de la rivière Betwâ se trouve un kiosque qui abrite un de ces inombrables temples minuscules dédiés à Shiva. C’est là que j’ai rencontré un “guru” que tous les habitants du village vénèrent. ils l’appelent respectueusement “baba”, ce qui veut dire “ainé” ou “ancien” ou “père”, alors qu’il n’est âgé que d’une vingtaine d’années. Ils lui touchent les pieds pour le saluer et écoutent avec attention ses conseils, ses jugements, etc. Plusieurs d’entre eux me l’ont ferveusement décrit comme un “holy man”, un saint homme. C’est que contrairement à beaucoup de religieux qui font l’homone avec plus ou moins d’insistance, particulièrement auprès des touristes occidentaux avides de sagesse en kit, Baba ne réclame jamais rien. Il est handicapé, ses deux jambes sont atrophiées et il se déplace difficlement en s’appuyant sur les bras. Il reste donc la plupart du temps assis sous le kiosque, vêtu d’un simple pagne et enveloppé dans une couverture. Il est extrêmement maigre, mais je l’ai pourtant vu redistribuer la nourriture que ses visiteurs lui apportent.

Il est rigoureusement interdit de fumer du cannabis en Inde, sauf dans le cadre des rituels hindouistes, c’est à dire en présence d’un religieux. C’est pourquoi, le kiosque est devenu le lieu où des hommes du village se rassemblent particulièrement en fin de journée pour fumer le shilom en présence de Baba. Etant resté plusieurs après-midi aux côtés de ce dernier, je l’ai vu fumer plusieurs dizaines de shiloms d’herbe pure sans interruption pendant plusieurs heures d’affilée, au gré des visites qui se succédaient.